L’IMAGE DE MARIE DE HONGRIE, VUE PAR LES HISTORIENS
Elle a longtemps fait l’objet,
de la part des historiens au XIXe et au XXe siècle, d’un
traitement parfaitement inégal. Après avoir été engluée dans l’historiographie
officielle et les récits anciens, son image et son action ne s’est lentement
détachée, mais à des rythmes différents, de celle de l’empereur Charles Quint
dont elle était la représentante.
Quelles sont les raisons de
cette discrimination ? Sont-elles fondées ? Peut-on excuser, blanchir,
celles et ceux qui de notre héroïne, ont fait leur gibier ?
En 1942, le louvaniste Charles
Terlinden[1]
écrivait que les historiens, à commencer par Alexandre Henne, auteur dans le
milieu du XIXe siècle d’une monumentale Histoire du règne de Charles Quint en Belgique, trop influencé par
l’idéologie libérale de son époque, n’avaient pas rendu à Marie de Hongrie
toute la justice qu’elle méritait[2].
Marie ne fut plus qu’une régente au nom du roi d’Espagne, qu’elle fut peut-être aussi moins habile politique[3]. Terlinden estimait : « ce reproche immérité, car si elle fut », nous dit-il, « l’exécutrice des volontés de ce frère, auquel elle avait immolé ses convictions intimes et ses convenances personnelles, et si elle n’hésita jamais à lui sacrifier, quand elle le crut utile, l’intérêt de ses sujets, elle ne le fit que dans un noble esprit de devoir. Si son gouvernement fut énergique et autoritaire, ce qui lui attira une impopularité qu’elle ressentit douloureusement, les résultats furent excellents et sa régence correspond à une des époques les plus brillantes et les plus prospères de nos annales ».
Si d’autres voix s’étaient
déjà élevées en faveur d’un rééquilibrage dans l’estime portéeà la régente,
citons notamment pour l’entre-deux guerres, Ghislaine De Boom qui attribue à
Marie, une grande clairvoyance dans la conduite des affaires[5],
et Karl Brandi, le premier à dépasser les images offertes par les rapports des
ambassadeurs vénitiens, pour qui Marie de Hongrie sut suivre l’exemple de sa
tante Marguerite d’Autriche, dont elle était l’égale en zèle et en sens
politique, mais qui la surpassa en habileté et en influence auprès de Charles
Quint[6],
cela n’empêcha pas d’autres historiens, moins spécialistes de ce sujet il est
vrai, de continuer à véhiculer quelques clichés devenus poussiéreux transmis
notamment par les rapports des ambassadeurs vénitiens où l’image de Marie de
Hongrie, fluctue d’un rapport à l’autre : entre femme qui n’était guère
aimée du peuple et princesse de tant d’intelligence qu’elle conviendrait bien
au gouvernement d’autres Etats plus grands encore, où encore les récits de
Brantôme et consorts.
Selon le Français Amédée Pichot qui fit très tôt une
lecture critique de ces vieux récits. Cela lui permit de dire avant d’autres
que Marie de Hongrie « ne tenait pas d’une main moins ferme les rênes de
la régence des Pays-Bas que la bride de son cheval. L’empereur avait trouvé
aussi en elle une princesse guerrière, une forte tête politique, aussi
précieuse pour le conseil que pour l’action, une vraie reine…»[7].
Ne lit-on pas aussi dans le
tome IV de l’Histoire de l’Eglise en
Belgique du père de Moreau, paru en 1948, que la régente était « dure,
impitoyable et même cruelle ».
Dans la biographie, sur Marie
de Hongrie, qu’écrivit Théodore Juste, et publiée une première fois en 1855, et
rééditée six ans plus tard[8],
un élément qui peut être une preuve suffisante de son succès, la note conclusive à la deuxième édition, il
précise : « La bienveillance du public m’a permis de revoir et
d’améliorer un livre consacré à l’une des femmes les plus illustres des anciens
Pays-Bas […]. Déjà longtemps auparavant, je m’étais efforcé d’appeler
l’attention sur la vaillante et sage lieutenante de Charles Quint. Le résultat
de mes premières études fut publié en 1846 et 1847 dans la Revue nationale de Belgique. Ce n’était là qu’une esquisse.
Quelques années plus tard, j’essayai […] de retracer, dans un récit continu et
suffisamment développé, la vie politique de Marie de Hongrie. D’importants
recueils de pièces historiques venaient de paraître et jetaient les plus vives
lumières sur l’époque de Charles Quint […]. Cette nouvelle édition surpasse […]
la première par l’étendue des recherches. Des épisodes intéressants ont été
complétés, des faits dignes d’attention ont été mis à jour, plusieurs lacunes
sont maintenant comblées »[9].
En vain, les opinions
exprimées par Th. Juste, sans complètement rester lettre morte, n’allaient pas
pour autant changer fondamentalement la donne. Pour preuve, la notice biographique
consacrée à la gouvernante générale, une quarantaine d’années plus tard, soit
en 1894, dans le tome XIII de la Biographie
nationale de Belgique où est à nouveau répété, à propos de Marie de Hongrie
que « son histoire se confond […] avec l’histoire du règne de Charles
Quint. Le but de cette notice ne peut être que de mettre en relief la part
personnelle qu’elle eut aux événements ». L’auteur de la notice tempère toutefois son propos, voire le contredit, en
citant A. Henne : « pendant les vingt-quatre années qu’elle va tenir
les rênes du gouvernement, de grandes fautes seront commises, mais on ne la
verra jamais faiblir. Aussi énergique, intrépide même devant l’émeute et
l’insurrection que devant les Français et les Gueldrois, elle sera
l’inébranlable champion de l’autorité souveraine, l’adversaire le plus acharné
des ennemis de son frère. Elle sera la digue contenant les mécontentements et
les colères mugissant de toutes parts »[10].
Irrémédiablement, l’image de
Marie de Hongrie demeurait figée, dépendante qu’elle était aussi de la priorité
des historiens à débroussailler tel fonds d’archives plutôt qu’un autre.
Coincée entre les régences de
sa tante et de sa nièce, celle de Marie de Hongrie, sur laquelle peu de sources
étaient alors disponibles, semblait assez terne. Et les recueils édités à cette
époque par Gachard, sur la révolte gantoise de 1540 et les dernières années de
Charles Quint où l’on nous présente la douairière de Hongrie dans des moments
où elle dut jouer les bras de fer, n’arrangèrent rien[11].
Le libéral Louis Hymans, homme de lettres et politicien, auteur d’une Histoire populaire de la Belgique, lui
attribua ni plus ni moins le rôle d’instigatrice en chef de la répression des
Gantois : « la cause réelle des troubles remontait à l’arrestation
illégale des magistrats, après le refus légal de l’impôt. Si la régente avait
transigé quand c’était son devoir, la plupart des scènes déshonorantes […]
n’auraient pas eu lieu. Elles n’auraient pas éclaté surtout, si le
souverain, au lieu de guerroyer à l’autre bout de l’Europe, eût résidé en
Belgique. Le pays recevait ainsi de Charles Quint la preuve éclatante de ce que
lui valait l’honneur d’avoir donné le jour à un empereur d’Occident »[12].
Il fallut attendre les
missions y menées par L.-P. Gachard dans les années 1860 et 1870, pour attirer
l’attention des historiens de nos contrées sur la richesse des documents déposés
aux Archives de Simancas, et notamment ceux qui pouvaient éclairer sous un jour
nouveau, les personnalités de Charles Quint et de Marie de Hongrie, à savoir
leur immense correspondance. En cela, Gachard, à force de copies et de
rapatriements dans les archives bruxelloises, conclus au forceps avec les
autorités autrichiennes, a droit à sa part de reconnaissance[13].
La connaissance de la
personnalité de Marie de Hongrie, principalement dans son rôle politique,
n’était pas encore pour autant bien établie. Malgré la disponibilité de sources
de plus en plus nombreuses, les travaux menés à partir du début du XXe
siècle renouvellent peu l’image qui en est donnée et continuent pour une bonne
part à reproduire les clichés d’antan : la biographie de Gh. de Boom en
Belgique et celle, nettement moins connue, de Tivadar Ortvay en Hongrie[14],
en sont les deux meilleurs exemples.
Toutefois, le vent commencera
bientôt à tourner. Il viendra de l’est, des pays de langue allemande, et
principalement des milieux historiques viennois, mais aussi des horizons
magyars. En 1912, paraît le premier volume de la correspondance échangée entre
Ferdinand d’Autriche et ses frère et sœur, Charles Quint et Marie de Hongrie.
Le chantier est vaste. D’autres tomes s’y sont ajoutés, mais de façon très
espacée. En effet, le quatrième n’est sorti de presse qu’en 2000[15].
Bien que centrés
essentiellement sur l’Europe centrale, quelques travaux nourris des nouvelles
orientations scientifiques, commenceront à voir le jour : en 1940, l’Allemand
Wilhelm Stracke défend une thèse à l’université de Göttingen sur Marie de
Hongrie, principalement avant sa régence des Pays-Bas[16].
Cependant, ce n’est que dans les années soixante, qu’un réel essor des
recherches sur ce sujet voit le jour. Dans la foulée de la sortie de presse du
troisième tome de la correspondance entre les trois frères et sœur, le viennois
Gernot Heiss s’intéresse aux intérêts économiques de Marie en Autriche, en
Hongrie et en Bohême, ainsi qu’à ses réseaux de relations avec une partie de la
noblesse magyare, avant et pendant sa régence des Pays-Bas[17].
Dans la même perspective, en Hongrie, à partir des années quatre-vingts, c’est
sous l’impulsion d’Andras Kubinyi[18],
que l’histoire de la veuve de Mohacs est pris en main. Tout récemment, dans le
cadre de la commémoration du 500e anniversaire de la naissance de Marie,
d’autres entreprises y ont également été mises sur pied, assurant ainsi le
renouvellement continuel de nos connaissances sur le sujet car débordant
largement cette fois, du cadre strictement hongrois[19].
Néanmoins, ces
études ont été négligées par les historiens belges et néerlandais[20].
Mais on peut le comprendre pour la langue hongroise ! Comme nous le
disions, quoiqu’essentiellement centrées sur l’Europe centrale, leur grand
mérite est d’avoir définitivement dépoussiéré la personnalité de la reine Marie.
A leur lumière, l’image de la jeune princesse inexpérimentée à qui l’on
confiait la régence des Pays-Bas, après le décès de sa tante bien plus douée
qu’elle, ne tenait plus : son rôle politique en Hongrie aussi bien du
vivant de son époux que durant la brève régence qu’elle y exerça au nom de son
frère Ferdinand, ne laissait planer aucun doute là-dessus. Dès lors, on pouvait
mieux comprendre les raisons pour lesquelles Charles Quint, sur les conseils de
Ferdinand, l’avait choisie pour le gouvernement des Pays-Bas[21].
Dans les années nonante, suite
aux conseils que lui avait prodigués Heinrich Lutz, un pas supplémentaire fut franchi
par Laetitia Gorter-van Royen, néerlandaise ayant fait ses armes à l’université
de Vienne, grâce à une analyse minutieuse de la correspondance échangée entre
Marie et Charles-Quint.
Deux autres clichés tombaient
cette fois : premièrement, celui d’une régente dont les pouvoirs étaient
moins étendus que ceux de sa tante, alors qu’il s’agissait du contraire, et
deuxièmement, celui de la simple exécutrice des volontés de son impérial frère,
alors qu’elle influença du début à la fin bon nombre des décisions prises au
nom de son frère.
Mais sur ce deuxième point, Marie s’exprimait ainsi peu
avant sa mort, à son neveu Philippe II, elle disait qu’au début de sa régence
« …J’étais bien jeune, j’avais bien
peu d’expérience et d’habileté pour un gouvernement si considérable ; je
n’eus de la sorte qu’à faire exécuter les ordonnances de S.M.I., et cette tâche
fut encore pleine de difficultés et d’embarras »[22].
[1] Ch. Terlinden,
Princesses belges du passé,
Bruxelles, 1942, p. 158.
[2] A. Henne,
Histoire du règne de Charles Quint en
Belgique, Bruxelles-Leipzig, 1858-1860, 10 volumes. Quelques années après,
le même auteur publia cette somme en quatre volumes sous le titre Histoire de Belgique sous le règne de
Charles Quint, Bruxelles, 1865. Celle-ci ne diffère de la précédente
édition que par la coupure de certains passages et la suppression des notes.
[3] H. Pirenne, Histoire de Belgique, t. III, 3e édition revue et
corrigée, Bruxelles, 1923, p. 105.
[4] A. Henne,
Histoire de Belgique…, op. cit., t. 2,
p. 203.
[5] Gh. De Boom, Marie de Hongrie, Bruxelles, 1956, spécialement pp. 49-62 (Coll.
« Notre Passé »).
[6] K. Brandi,
Charles Quint, 1500-1558, Paris,
1939, p. 316. Voir aussi P. Burke, L’image de Charles Quint : construction et interprétations,
dans H. Soly (éd.), Charles Quint, 1500-1558. L’empereur et son
temps, Arles, 2000, p. 466.
[7] A. Pichot, Charles Quint. Chronique de sa vie intérieure et de sa vie politique,
de son abdication et de sa retraite dans le cloître de Yuste, Paris, 1854,
pp. 170-172.
[8] Th. Juste,
Les Pays-Bas sous Charles Quint. Vie de
Marie de Hongrie, tirée des papiers d’Etat, Bruxelles -Leipzig, 1855, et Ibid., nouvelle édition revue et
augmentée, 1861.
[9] Ibid., pp. 281-282. Selon F. Vercauteren, Cent ans d’histoire nationale en Belgique, t. I (seul paru),
Bruxelles, 1959, p. 140 (Coll. « Notre Passé »), l’œuvre de Juste a
dans l’ensemble, une valeur inférieure à celle de Henne.
[10] E. de Borchgrave,
Marie d’Autriche, dans Biographie Nationale (de Belgique),
XIII, Bruxelles, 1894-1895, col. 676.
[11] L.P.
GACHARD., Retraite et mort de Charles Quint au monastère de Yuste. Lettres inédites publiées d’après les
originaux conservés dans les archives royales de Simancas, t. II, Bruxelles, 1855, p. CXLI, citant la
biographie de Th. Juste (voir supra note 24), d’affirmer que :
« Charles Quint devait beaucoup à sa sœur Marie : il avait trouvé en
elle une exécutrice constante, énergique, dévouée de sa politique ; elle
avait secondé ses vues avec une habileté incomparable ; plus d’une fois
elle lui avait sauvé des embarras cruels et de graves périls ». Quant à
dire que Marie de Hongrie avait régulièrement été l’initiatrice de bon nombre
des décisions prises par Charles, on en était encore loin !
[12] L. Hymans, Histoire populaire de la Belgique, 5e édition,
Bruxelles, 1860, p. 202.
[13] Voir
M. Soenen, Restitution ou échange ? La récupération au XIXe siècle
des archives emportées en Autriche en 1794, dans Archives et Bibliothèques de Belgique, 1988, 59, n° 3-4. Miscellanea
Cécile Douxchamps-Lefèvre, pp. 15-183.
[14] T. Ortvay, Maria, II. Lajos Magyar Kiraly Neje (1505-1558), Budapest, 1914
(traduction de S. Lang).
[15] W. Bauer (éd.), Die Korrespondenz Ferdinands I., t. I: Familienkorrespondenz bis 1526, Vienne, 1912; W. Bauer et R. Lacroix (éds.), Die
Korrespondenz Ferdinands I., t. II/1-2: Familienkorrespondenz
1527-1530, Vienne, 1937-1938; H. Wolfram
et Ch. Thomas (éds.), Die Korrespondenz Ferdinands I., t. III:
Familienkorrespondenz 1531-1532, 4
vol., Vienne, 1973-1984; Ch. Laferl
et Ch. Lutter (éds.), Die Korrespondenz Ferdinands I., t. IV: Familienkorrespondenz 1533-1534, Vienne,
2000 (Veröffentlichungen der Kommission für neuere Geschichte Österreichs,
respectivement n° 11, 30, 31, 58 et 90).
[16] W. Stracke, Die Anfänge der Königin Maria von Ungarn, späteren Statthalterin Karls
V. in den Niederlanden, dissertation non-publiée, Université de Göttingen,
1940.
[17] G. Heiss,
Politik und Ratgeber der Königin Maria
von Ungarn in den Jahren 1521-1531, dans Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung,
t. 82, 1974, pp. 119-180.
[18] Pour
un aperçu de ses études les plus importantes : voir G. Heiss
et O. Réthelyi, Maria, Königin von Ungarn und Böhmen (1505-1558),
als Thema der Forschung, dans M. Fuchs
et O. Réthelyi (éds.), Maria von Ungarn (1505-1558). Eine
Renaissancefürstin, Münster, 2007, pp. 13-14.
[19] O.
Réthelyi, B. F. Romhanyi et E. Spekner
(éds.), Mary of
[20] Des études menées en Belgique
continuent à véhiculer les clichés anciens. Voir à titre d’exemple : M. Baelde, De collaterale raden onder Karel V en Filips II (1531-1578). Bijdrage
tot de geschiedenis van de centrale instellingen in de zestiende eeuw,
Bruxelles, 1965, p. 21 (Verhandelingen van de koninklijke vlaamse academie voor
wetenschappen, letteren en schone kunsten van België, klasse der leteren, XXVIIe
a., n° 60) : « Door haar zeer lange afwezigheid uit de Nederlanden
had Maria dus niets kunnen leren van de staatsmanskunst en de grote
regeringservaring van haar tante, Margareta van Oostenrijk », citant
l’ouvrage de J. De Jongh, Maria van Hongarije, t. I : De Kroon van Stephanus de Heilige, Amsterdam,
1946, et t. II : Machteloos gezag,
Amsterdam, 1951.
[21] Malgré cela, les contributions du catalogue de l’exposition, néanmoins remarquable, tenue aux Pays-Bas en 1993, ont fait peu de cas de cette littérature hongroise novatrice : B. van den Boogert et J. Kerkhoff (éds), Maria. Koningin tussen keizers et kunstenaars van Hongarije, 1505-1558 (Rijksmuseum Het Catharijneconvent à Utrecht - Noordbrabants Museum à Bois-le-Duc), Zwolle, 1993. Y voir en particulier l’avis tempéré de W. Fries, Maria, regentes over de Nederlanden, 1531-1555. De strop om de hals, p. 119, à propos de J. Lefèvre, Une grande gouvernante : Marie de Hongrie, dans Revue générale Belge, 1954, pp. 1196 et 1202.
[22] Lettre
envoyée de Cigalès le 7 septembre 1558, éditée par L.-P. Gachard, Retraite et mort de Charles Quint…, op. cit., t. I, 1854, pp.
349-350.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire