mardi 27 août 2019

La Tannerie Lefèvre


La tannerie LEFèvRE
                                                                                                                             Alain Graux

La famille Lefèvre originaire de Saint-Vaast où ils étaient fermiers, s’établit à Binche au début du 19ème siècle.
Joseph-Joachim dit Paulin Lefèvre[1], s’établit rue Saint-Jacques où il tient avec son épouse un commerce de cuir.
Son fils Léopold[2] et son épouse continuèrent le négoce devenu prospère dans cette rue jadis très commerçante (ils acquirent les immeubles cadastrés B. 190 et B.230a). De plus, ils fondent une petite tannerie rue Saint-Paul (maison cadastrée A. 53b et jardin A.53a).
Ils eurent trois fils qui donnèrent une réelle impulsion à l’entreprise ; Arthur[3], Louis-Armand[4] et Jules[5].
En 1884, après avoir acheté à Rosa Jennot, sa tannerie (cadastrée B. 130a, ils l’étendirent vers la rue Neuve de la Station que l’on créait alors (Rue de Robiano).
Pour créer les nouveaux bâtiments de la tannerie, on ouvrit une briqueterie provisoire, rue du Transvaal. Comme on fabriqua trop de briques, les Lefèvre firent bâtir une série de maisons ouvrières rue de Merbes.
Un dépôt de marchandises fut créé à proximité de la gare de Binche (entre la rue de Sebille et le chemin de fer).
Le 6 décembre 1884, la veuve Léopold Lefèvre et ses fils, marchands tanneurs, sollicitèrent l’établissement d’une fosse destinée à contenir les déchets de la tannerie préalablement passés au lait de chaux ; « les eaux de trempe et de chaux sont envoyées dans un bassin de décantation où elles sont en contact avec du tanin qui précipite la chaux et l’eau parfaitement clarifiée et réemployée pour l’usine, nous ne déversons que l’eau de condensation de la machine à vapeur… ».


Le 4 avril 1893, la société en nom collectif « Lefèvre fils » demandent l’autorisation de pouvoir déverser leurs eaux usées provenant de la tannerie dans la rivière « la Princesse ». Les cultivateurs de Waudrez et divers habitants de Binche firent opposition lors de l’enquête commodo-incommodo. L’autorisation leur fut néanmoins accordée par le collège échevinal du 16 avril 1893[6].
Jules Lefèvre s’occupait de la partie commerciale de l’entreprise, son frère Arthur faisait le voyageur de commerce et Louis-Armand, ingénieur civil sorti de Mons en 1886, s’occupe de la partie technique.
Le 15 mars 1899, Arthur Lefèvre désirant se retirer des affaires, la firme « Lefèvre fils » est dissoute. Augustine Huart laisse alors son usufruit dans l’exploitation en faveur de Louis-Armand et Jules[7]. La firme devient alors « Tannerie Lefèvre fils, société en nom collectif, successeurs de Lefèvre »
La tannerie travaillait beaucoup pour l’armée et la gendarmerie, façonnait des cuirs pour guêtres, ceinturons, harnais pour les chevaux. Ses travaux reçurent des médailles aux expositions internationales de Paris en 1878, Milan en 1906 et Liège en 1930.

En avril 1914, un nouveau bâtiment est construit rue de Fontaine[8].
Le 8 mars 1925 est créée la société anonyme « Tannerie Lefèvre fils », elle est dirigée par les fils de Jules-Augustin : René[9], qui fut échevin de la ville de Binche, célibataire, administrateur, et Lucien[10], administrateur, et les fils de Louis-Armand :
Georges[11], gérant de la succursale de Bruxelles, Thomas[12], ingénieur civil.
Le capital et les réserves de la société atteignent le total de 3.800.000 francs. Le siège social est établi rue de Robiano, la succursale de Bruxelles était située 14, place Bara.
La firme occupait 45 ouvriers, sa production annuelle était de 500.000 kg, on y travaillait les cuirs lissés en bandes pour semelles, les croupons et dépouilles, les cuirs de bovins tannés au végétal[13].
L’usine termina ses activités en 1947.


                               Les bureaux et siège de la tannerie Lefèvre, rue de Robiano



[1] Lefèbvre Joseph-Joachim, ° Binche 6 ventôse an VI (27-2-1796), x Binche 31-1-1827, Dury Marie-Thérèse, ° Haine-Saint-Paul 8-10-1787, Binche 2-2-1845.
[2] Lefèbvre Léopold-Joseph, ° Binche 4-7-1827, y † 26-8-1876, y x 26-12-1855, Huart Augustine-Amandine, ° Binche 10-11-1832, y † 2-12-1905
[3] Lefèvre Arthur-Léopold-Paulin, ° Binche 26-11-1858
[4] Lefèbvre Louis-Armand, ° Binche 16-1-1861, y x 10-5-1890, Devergnies Jeanne-Rosalie-Maximilienne, ° Binche 16-1-1868
[5] Lefèbvre Jules-Augustin, ° Binche 4-1-1863, x Ficq Clasina-Constance, ° 1872
[6] A.V.B. 01-04-09-540.
[7] Cet usufruit était accordé en vertu d’un acte passé devant le notaire Alcide Lecocq le 23 décembre 1855.
[8] Actuelle rue  du Vieux Sourdiau. Ce bâtiment deviendra plus tard le garage Lapaille.
[9] Lefèvre René, ° Binche 27-3-1894, Leuze 12-10-1962, x Dumont Marie-Louise, ° 24-11-1899,  Ixelles 8-3-1976
[10] Lefèvre Lucien-Jean-Arthur, ° Binche 25-3-1896, x Piret Germaine
[11] Lefèvre Georges-Jules-Marie-Ghislain, ° Binche 17-7-1895, Bruxelles 31-3-1965, y x 29-4-1922, Mabille Paule-Ernestine-Juliette-Ghislaine, ° Binche 7-12-1900, y † 13-9-1987
[12] Lefèvre Thomas-Florent-Paul-Marie-Ghislain, ° Binche 21-9-1901, y † 29-1-1981, x Binche 24-10-1925, Mabille Antoinette-Marguerite-Ghislaine, ° Binche 5-2-1902, y †  15-6-1959
[13] Le Centre archéologique, folklorique, industriel, commercial, artistique et scolaire, La Louvière, 1930, annexe XXXIX.

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