mercredi 5 avril 2017

Les écoles communales de Binche

A PROPOS DES ECOLES COMMUNALES
                                                                                                                                      Alain GRAUX
      1.  LES ECOLES PRIMAIRES

Suite à la loi du 1-7-1879 réglementant l’instruction primaire, la ville de Binche fut obligée de posséder au moins une école primaire communale.
C‘est ainsi qu’une école pour les filles fut installée dans les locaux de l’ancien couvent des Récollets. Les religieuses du Sacré-Cœur durent évacuer l’école privée pour jeunes filles qu’elles avaient créée en 1824. Fin 1880, l’école devenait l’Ecole moyenne des filles, qui fut supprimée en 1888, mais dont les classes primaires continuèrent jusqu’en 1894[1].

L’ECOLE DES GARCONS, rue des Archers  (1877-1926)  



L’école communale des garçons fut bâtie en 1874, sur les plans de l’architecte Mahieu.
Les cours ne s'ouvrirent que le 17-10-1877 [2] avec 88 élèves.
En 1877, le nombre d’élèves a triplé, 253 élèves suivent les cours, répartis en 3 classes.
L’instituteur en chef est Auguste Grenez  et deux instituteurs, Auguste Dutrieux et Adolphe Lotte. Vient s’adjoindre en décembre Léon Lacroix. Une 5e classe fut créée en juillet 1878, tenue par M. Corÿn.
L’opposition à l’école publique est grande, les catholiques par l’entremise du journal Le Binchois fourbissent des insultes à l’encontre du corps enseignant et les moqueries des élèves des écoles chrétiennes[3].
Une bibliothèque est créée dans l’école, soutenue par le « Comité binchois du Denier des Ecoles ». Ce comité remet aussi des livrets d’épargne destinés aux 75 élèves pauvres les plus méritants.
En 1879, la Ville demanda à l’architecte Mahieu de fournir les plans d’une galerie vitrée dans la cour afin que les élèves puissent s’y abriter lors des récréations par mauvais temps.
En 1891, l’école des garçons est fréquentée par 160 élèves ; l’instituteur en chef est Alfred Pourbaix, il y a trois instituteurs : Léon Lacroix ; Ursmer Honorez et Lucien Sebille.
En 1897, l’école a 224 élèves.
En 1904, Léon Lacroix devient instituteur en chef.
Une quatrième classe est ouverte en 1900, tenue par Philippe-Joseph Dusausoit.
En 1910 les mêmes instituteurs ont en tout 182 élèves.
Une cinquième classe est créée en novembre 1916,  elle sera tenue par Gustave Lagache.
Le personnel enseignant est en 1919 :
Léon Lacroix, Ursmar Honorez, Lucien Sebille, Gustave Lagache.
Philippe Dusausoit, en congé pour maladie à partir du 11 février 1911, fut mis en disponibilité. Profitant de son congé, il a utilisé ses loisirs en s’occupant d’affaires financières, il participa à la fondation  des verreries de St-Ghislain et de la fabrique d’Opales de Bonne-Espérance, mais ces sociétés mises en liquidation, il fut poursuivi par la justice pour fraudes commerciales diverses. Il fut révoqué de ses fonctions d’instituteur en mai 1919.
Le 3-8-1919, Léon Bailly est nommé instituteur provisoire pour son remplacement. Il sera nommé définitivement en juin 1921.
Raymond Honorez est instituteur depuis 1917.
Le 28-12-1920, Léon Lacroix prend sa retraite, Félix-Edgard Sebille est nommé à sa place. De même, le 6-12-1920, Ursmar Honorez arrête de travailler, c’est Norbert Delporte, qui est désigné à sa place.
En 1924, suite à la maladie de l’instituteur en chef Félicien Sebille, Constant Collard est nommé provisoirement à sa place comme instituteur.
Le corps enseignant comprend alors :
Gustave Lagache, chef d’école provisoire ; 14 comme instituteur.
Joseph Bailly, instituteur depuis 7 ans.
Norbert Delporte, instituteur depuis 5 ans.
Raymond Honoré, instituteur depuis 6 ans.
Constant Collard, instituteur provisoire depuis 2 ans. Ce dernier sera nommé définitivement le 16-5-1924, occupant une 6e classe pour le cours de travaux manuels, ouverte depuis le 12-10-1923.
L’instituteur en chef, Félicien dit Lucien Sebille, prit sa retraite le 13-1-1925, c’est Gustave Lagache qui lui succède.
Le 15 janvier 1926, attendu que le nombre des élèves de l’école des garçons ne permet plus d’installer six classes dans les bâtiments de la rue des Archers, et que d’autre part l’inspection scolaire ne veut plus tolérer qu’une classe soit maintenue dans les locaux du stand de tir de la rue de la Pépinière, le conseil communal décide de transférer pendant les vacances de pâques l’école des garçons à la rue Saint-Paul et celle des filles à la rue des Archers.

ECOLE DES GARCONS, rue Saint-Paul (1926-1962)
Le 9-3-1928, suite au rapport de l’instituteur en chef qui expose qu’il y a 208 élèves pour les 6 classes existantes, et que cette surpopulation produit un effet préjudiciable, le conseil communal décide d’ouvrir une classe de récupération. C’est Stéphane-Alexis Hamaide qui est nommé instituteur de cette classe.
Le 24-8-1928, l’instituteur en chef, Gustave Lagache, donne sa démission, et devient inspecteur de l’enseignement. Il est remplacé à ce poste par Norbert Delporte le 1er octobre.
A partit de 1930, il y aura une direction sans classe, vu le nombre élevé d’élèves. Le 1-1-1931, Lucien Stevens, est nommé instituteur, vu la libération de la classe de M. Delporte, directeur de l’école.
Le 1er octobre 1931, ouverture d’une 8e classe, elle est confiée à Georges Latteur en janvier 1932. Une nouvelle classe est aménagée dans la grande salle à usage de préau couvert
Stéphane Hamaide,  Gérard Moyaux, Henri Collard  et Joseph Bailly sont cités instituteurs vers cette époque.
En 1956-1957, 104 élèves ont fréquenté l’école des garçons,
Le directeur est Joseph Bailly, il prendra sa retraite le 1-5-1958.
Les instituteurs sont Georges Latteur, R. Declève, Constant Collard, Joseph Bailly.
Mme Delhaye prend sa retraite le 1-4-1957, elle est remplacée par Mme Carpentier, nommée le 8-11-1957

ECOLE DES FILLES, rue Saint-Paul (1895-1926)
Comme  les Sœurs du Sacré-Cœur contestaient la propriété de divers locaux du couvent des Récollets, l’école Moyenne des filles fut transférée provisoirement en 1879, dans les locaux de l’hôtel de ville. Lorsque les différents furent aplanis, l’école reprit ses cours au couvent jusqu’en 1895. La Ville avait demandé aux architectes Emile Mahieu et Jules Charbonelle, de créer de nouveaux locaux d’école pour les filles. Ceux-ci furent implantés, dans le nouveau tronçon de la rue Saint-Paul, ils furent bâtis dans le style éclectique en vogue en 1894. L’école fut effective en 1895.
L’école primaire des filles a été réorganisée et divisée en deux sections :
a) Section payante :
Fréquentée dès l’ouverture par 87 élèves, avec deux classes,
Celle de, Mme Corÿn-Pauwels, institutrice en chef.
               Melle Marthe Basse, sous-institutrice.
En 1897, deux classes payantes supplémentaires sont ouvertes,
Celles de Melle Rochine Lancelot, sous-institutrice.
                Mme Michiels-Dalier, sous-institutrice, il y a alors 120 élèves.
En 1900, l’école est fréquentée par 64 élèves pour la section payante

b) Section gratuite :
Section fréquentée dès le début par 211 élèves, composée de trois classes :
Celle de Mme Dewante-Paris, institutrice en chef.
              Mme Biset-Baudoux, sous-institutrice.
              Melle Flore Nimal, sous-institutrice.
Dès 1898, le personnel  des deux sections est mêlé :
Mme Dewante-Paris, institutrice en chef
Melle Marthe Basse, sous-institutrice.
Melle Flore Nimal, sous-institutrice.
Melle Rochine Lancelot, sous-institutrice.
Mme Michiels-Dalier, sous-institutrice.


 En 1900, l’école est fréquentée par 109 élèves pour  la section gratuite.
Vers 1908, Rochine Lancelot et Mme Michiels-Dalier sont remplacées par Madeleine Deneufbourg-Dewante et Flora Stevens.
L’école compte alors 101 élèves pour la section payante et 125 élèves pour la section gratuite.
L’année 1912, voit la création d’une 6e classe, elle sera tenue par Melle Juliette Termolle, sous-institutrice.
1916 : Mme Lagache-Vandenberghe, sous-institutrice, remplace Mme Dewante, souffrante depuis longtemps. Elle démissionnera en janvier 1919 et deviendra inspectrice de l’école des filles.
La sous-institutrice qui remplace Mme Nimal est Melle Laure Lachapelle.
Flore Nimal est nommée institutrice en chef  le 9-1-1919.
En 1920, le personnel de l’école est Nimal Flore, institutrice en chef et les  sous-institutrices sont : Madeleine Deneufbourg-Dewante, Flora Stevens, Denise Lagache-Vandenberghe, Juliette Levallois-Termolle et Laure Lachapelle.
Le 3-11-1920, Laure Lachapelle démissionne, elle est remplacée par Gabrielle Bastin.
En début de l’année 1924 les enseignantes sont :
Mme Lagache-Vandenberghe Denise, sous-institutrice depuis 16 ans.
Mme Levallois-Termolle Juliette, sous-institutrice depuis 12 ans.
Melle Bastin Gabrielle, sous-institutrice depuis 4 ans.

ECOLE DES FILLES, rue des Archers (1926-1962)
En mai 1926, la Ville achète un jardin de 2a 58 ca, attenant à la rue des Archers afin d’agrandir la cour de l’école.
En mai 1926, Flore Nimal, institutrice en chef démissionne, c’est Mme Madeleine Deneufbourg-Dewante qui occupe son poste.
L’école des filles compte 69 filles en 1946  et 80 filles en 1947[4].
Le 10-9-1926, le conseil communal ratifie l’acquisition pour le prix de 4000 Fr. l’achat d’un terrain cadastré B.746y³ en vue de l’agrandissement des locaux de l’école.
En 1930, on compte 141 élèves et comme institutrices :
Mme Lagache-Vandenberghe Denise, Mme Levallois-Termolle Juliette, Melle Stevens Flora, Mme Terlinck Léontine, Melle Bastin Gabrielle. Une classe est dédoublée en novembre 1930.
Mme Lagache démissionne en 1931, elle est remplacée par Marie-Louise Degrève. La classe dédoublée est confiée à Fernande Michel
Flora Stevens prit sa pension en avril 1939.
En 1957-1958, l’école est suivie par 84 élèves.
La directrice est alors Melle Fernande Michel
Les institutrices sont Claudine Vroomen, et Marie-Louise Romain.
Il y a des maîtresses spéciales pour le 4e degré : Melle Visée pour les cours ménagers, et Melle Delporte pour le cours de coupe et couture.
Les bâtiments de cette école furent cédés par la Ville de Binche à la Province de Hainaut. Cette dernière fit abattre le bâtiment pour le remplacer par une nouvelle construction : L’Institut provincial de la Confection actuel.

ECOLE COMMUNALE MIXTE (Rue Saint-Paul)
Bien qu’en sections séparées, les écoles communales des filles et des garçons furent réunies rue Saint-Paul afin de pouvoir installer l’école industrielle et l’académie de musique, rue des Archers.
L’école mixte en sections séparées était dirigée par M. Norbert Delporte, pour les garçons, et Mme Levallois pour les filles.
L’école sera annexée à l’Ecole moyenne officielle en 1960.
L’école des garçons compte   135 élèves en 1946
                                               149 élèves en 1947.
En 1959, les instituteurs étaient Mme Romain Marie-Louise, Melle Michel, Melle Legrand, Melle Vroomen Claudine, Melle Nicole Danheux, M. Declève,  Mme Carpentier.
Constant Collard,  Georges Latteur, Pierre Delhaye
L’école des garçons fut incorporée à l’Athénée royal de l’Etat, sous forme d’école préparatoire, le 1er septembre 1962.
A la même date, l’école des filles fut dévolue à l’école moyenne de l’état pour jeunes filles.
Le bâtiment  sera attribué en dernier lieu à l’académie de musique.

LES ECOLES GARDIENNES COMMUNALES

ECOLE GARDIENNE DE BATTIGNIES

Au Conseil communal le 23-12-1885, vu la demande de Melle Louise Fatou, directrice de l’école gardienne Sainte-Philomène priant d’adopter l’école libre sous sa direction, le conseil se demande s’il faut maintenir ou supprimer l’école communale gardienne de Battignies. C’est cette dernière mesure qui fut décidée.

ECOLE GARDIENNE (Rue Saint-Paul) (1)
Le 1-10-1879, des institutrices laïques remplacèrent les Sœurs de l’Enfant-Jésus dans l’école gardienne créée dans les locaux de l’hospice, rue Saint-Paul. Ces religieuses créèrent alors une école gardienne libre, l’Asile Sainte-Philomène, rue du Phénix.
L’école communale gardienne continua jusqu’au 23-12-1885, l’administration communale adopta alors l’Asile Sainte-Philomène.

ECOLE GARDIENNE (Rue Saint-Paul) (2)
En 1947, une école gardienne a été créée rue Saint-Paul, en même temps que la mixité soit établie dans l’école.
La rentrée des classes de 1947 annonce  pour cette année, 35 élèves[5].
Lors de la création de l’école gardienne de la rue Saint-Paul, en 1947, la titulaire était Liliane Nisol, Melle Boudart est restée institutrice intérimaire jusqu’en juin 1949.

ECOLES GARDIENNES DE QUARTIERS

Ecole de la rue de la Pépinière.
Créée en 1948, dans les locaux de l’ancien musée communal, la classe est tenue par Mme Carpentier.
C’est Mme Paulette Gaillard-Dutrieux, qui lui succèdera. Elle deviendra institutrice en chef pour toutes les écoles Fröbel de la ville.
36 élèves y sont inscrits en 1958, 31 en 1965, 41 en 1971
Elle fut secondée par Mme Josette Fleurus-Abetset.
Une nouvelle classe a été construite en 1969.

Ecole de la rue du Faubourg Saint-Jacques (des Arquebusiers),
Située près du pont à Bouzarte.
En 1971, les institutrices sont Mme Wiaux-Debry et Melle Thirion, elles se partagent 38 élèves.

Ecole de la rue de Versailles
Il ne restait à Binche ville qu'une classe maternelle communale, elle se situait  à la rue de la Pépinière, l'administration voulait rouvrir des implantations dans les quartiers de la ville.
L'administration communale proposa à madame Michèle Delabarre, qui venait de sortir de l'école normale d'ouvrir une école à la rue de Versailles. Comme il n'y avait aucun bâtiment disponible, on installa cette nouvelle classe dans l'ancien atelier de confection de Paul Deprez en septembre 1963. On commença avec  6/7 élèves et ai terminé l'année avec une vingtaine. Elle est restée seule jusqu'en avril 1967 lorsque l'on a construit le bâtiment préfabriqué.
En 1971, les institutrices sont Mme Malengrez-Delabarre, Melle Stassin Jacqueline, Mme Garin-Ducrot, 67 bambins y sont inscrits.
Une extension de l’école est décidée le 30-5-1972[6]
Au fil des années le nombre d’élèves est monté jusqu’à cent et le bâtiment a du être agrandi à deux reprises., en 1985, et agrandie de nouveau en 1990. A cette occasion, lors de la cérémonie d’inauguration des nouveaux locaux, l’échevin de l’enseignement d’alors, Willy Bourgeon,  expliqua que l’évolution du nombre d’élève dans cette petite école était spectaculaire, de 51 en 1985, le nombre d’élève passa à 95 en 1989, c'est-à-dire presque le double[7].
Elle est actuellement dirigée par Christine Antoine

Ecole de la Cité-jardin.
Une nouvelle école,  avec deux classes maternelles, vit le jour en  1962[8]. Les travaux n’étaient pas encore finis en juin 1963[9].
En 1971, les institutrices sont Mme Deprez-Courte, et Melle Nicolas elles dirigent 59 élèves.

Ecole du quartier de l’Athénée
La dernière en date des écoles gardiennes de Binche est située Place des Droits de l’Homme.
Elle est tenue par Fabienne Lechien, Nicole Gigante, Véronique Maes et Véronique Urbain.
L’Athénée Royal de Binche sollicita demande la reprise de cette école communale. Le 29-4-2003, le conseil communal accepta cette fusion qui fut effective le 1er septembre 2003


[1] MILET A.,  Les avatars du couvent et le l’église des Récollets à Binche, de 1796 à nos jours, dans Les Cahiers Binchois, n° 14, 1996, p. 21.
[2] Lejeune T. Histoire de la ville de Binche, p 541.
[3] CLEMENT P. L’enseignement à Binche depuis le début du XIXe siècle, 1971, p.23.
[4] T’Avau Binche n°13, 2e année, 27-3-1948
[5] T’Avau Binche n°13, 2e année, 27-3-1948
[6] A.V.B. 01-10-06-13.
[7] 2001 Entité,  n°1, 1er mai 1990.
[8] T’Avau Binche n° 809, 15e année, 3-11-1962
[9] A.V.B. 01-10-06-10.

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